( 11 décembre, 2013 )

Craies, encres, peintures

Craies, encres, peintures
Album : Craies, encres, peintures

7 images
Voir l'album
( 11 décembre, 2013 )

Dessins bic

Dessins bic
Album : Dessins bic

18 images
Voir l'album
( 11 décembre, 2013 )

Dessins crayon

Dessins crayon
Album : Dessins crayon

6 images
Voir l'album
( 11 décembre, 2013 )

Peintures

Peintures
Album : Peintures
Huile sur toile / Acrylique sur toile
12 images
Voir l'album
( 11 décembre, 2013 )

Année 2012

Il n’y a plus de « bientôt » qui rassure

Il n’y a plus de caresse déportée réparant les cassures

Il n’y a plus qu’une fuite qui prend du retard

Et des instants confinés

Dans une histoire encombrée

Si encombrée.

____________________________________________________________________

Il me semble avoir atteint ce soir

Le tunnel de l’indifférence

Puisque les sentiments ont besoin d’espace

Et que j’entends en moi ce vide de l’existence.

Il vient pour me jeter au pied de l’abandon et m’offrir une dernière prière.

Je voudrais être votre fidèle en pensée.

_______________________________________________________________

 

Le souvenir s’est enfermé

Attristé et résigné

Dans la chambre du deuil,

Silence de notre voix.

_________________________________________________________

 

Parfois,

J’ai l’impression d’être ce qu’il me reste de toi

Et de porter ton regard

Ton regard si étrange d’étranger

Et que tu portais sur tout ce qui était autour de moi

Sans me voir

Jamais.

Regard qui ne regarde pas.

Regard qui ne dessine pas.

Si loin. Si froid.

Toi.

Si calme. Si vide.

Moi.

Les années, crois-tu, ternissent-elles la vie?

L’oubli, crois-tu, ternit-il les souvenirs ?

Il y a tant de choses qui valsent

Qui planent

Et qui tyrannisent.

Tant de choses qui nous enlèvent

Qui nous kidnappent

Et les larmes sèches sont celles qui creusent le tombeau de notre avenir.

Où étais-tu ?

Je voudrais pleurer ce soir en me souvenant de toi

Le corps déchiré

Ce jour où je te quittais pour un non-retour.

Où es-tu ?

Je voudrais saigner ce soir

Puisque je n’avais pas compris

Que je n’avais pas encore eu le temps de t’aimer.

____________________________________________________________

 

Crime.

J’ai volé à ces roses leur liberté

Leur individualité aromatique

Par ma soif de beauté,

Ma solitude incolore.

_______________________________________________

 

Cette vie n’est qu’une errance interminable

Non pour mon corps égaré de paralysie

Mais pour mes pensées tout à tour affolées et sans patries.

_________________________________________________________________________

 

Je cherche la croix de mon sacrifice

La douleur répondant à mes désirs.

Je cherche la parcelle de vide qui cueillera mon sang

Et le rayonnement qui émanera de ma décrépitude finale.

J’attends la haine

Je mendie l’abandon

Et invoque les enfers

Puisque je ne sais épouser ce monde,

Boire ses beautés

Et caresser ses richesses.

_________________________________________________________________________

 

Cet empire de la honte

Dans le frémissement de mes lèvres

Dans les tonnerres de mon ventre

Je le veux silence éternel

Tel un secret niché dans le ciel

________________________________________________________________


 

Marchais-je

Silence

Aux premiers soubresauts du jour

Dans le rêve d’un inconnu dormant encore ?

J’ai traversé la campagne

Une campagne.

J’ai versé des larmes

Écarté une brèche

Sur ce chemin suspendu

Cette création volée

Puis,

Au bras de ce canal de charbon noir,

Rendue,

Fendue,

J’ai comme voulu le boire tout entier

Pour habiter son nerf à la chair de forêt

Et ne plus me débattre

Jamais.

Ne plus mendier

Encore

Le Ciel comme la Terre.

___________________________________________________________________

 

Silencieuse

La solitude qui s’accroche au vide.

 

Bruyante

La solitude qui attend la vie.

 

Voilà la nuit,

Le temple des condamnés.

_____________________________________________________________

 

Une même peur intenable

Cette même peur intenable

Et qui me possède

Toujours.

Mes pensées,

Mon corps..

Chacun de mes membres sont le pantin qu’elle dirige.

 

Objet absurde fait pour être offert à la dérision

A la moquerie.

 

Moi.

 

Je suis un pantin au sourire maquillé

Dessiné.

 

Prière.

_________________________________________________________________

 

Fatigue.

Silence de l’éternel

Qui m’enrobe de son aura.

Encore.

 

Impression vertigineuse

Quelque chose autour de moi va se rompre

Et laisser entrer l’infammique

qui me prendra pour sa chose.

 

Contrôle.

 

Je cherche

Je perds

 

Dans le miroir

Il n’y a que ma mort.

 

Quelle est cette vie qui semble pourtant si réelle ?

___________________________________________________________________________

 

Présence virulente d’une incapacité.

Une faute a comme été commise

Par ma main

Mon âme entière.

 

Quelque chose

Toujours quelque chose.

Toujours et je ne sais jamais quoi.

 

Vertige

Simple vertige

Ma solitude embrumée

Tremblante

Dans ce monde de continuel bavardage.

 

Soleil.

Sourire.

Lumières auxquelles je n’arrive pas à appartenir.

 

Table

Boisson

Cendrier

Cigarettes.

Un presque rien que je n’arrive pas à ordonner.

 

J’ai peur.

 

Qu’adviendra-t-il de moi dans les heures à venir?

 

Et je pense à elle.

Constamment.

Quelque chose de moi

En dehors de mon vouloir

Semble l’avoir abandonné.

________________________________________________________________________________________________________

 

Contre soi

Étreindre la monstruosité,

La pourriture

Et la faire sienne

Jusqu’à en devenir le parfum,

La couleur.

__________________________________________________________

 

Douleur.

Elle se répand dans mes veines.

Cauchemar de vivre.

Tu danses dans la fissure de mes sourires.

 

Je ne veux plus.

 

Cette rigidité dans ma nuque,

C’est le regret,

La prison du corps

Et le tumulte sans éclat.

________________________________________________________________

 

La vie semble si loin parfois

Et je la laisse fuir

Vers les portes qui retiennent mon abîme.

 

Elle mourrait ici

En moi.

Le rejet rejetable.

______________________________________________________________________

 

Rien.

A peine un tremblement,

Un soupire.

 

Drôle d’affront au chaos en ces jours.

 

Mon regard le plus tendre

porté sur le monde.

 

Un sourire,

Pour l’amour.

Un silence

Et un regard.

Pour l’étreinte,

Le réconfort.

 

Mais j’attends

Je le sens.

 

Quelque chose.

Toujours ce quelque chose.

__________________________________________________________________

 

Le monde a comme sursauté

Au dernier cri du soir.

 

La vie.

Le silence.

Puis la mort.

 

Le mouvement pur est silence.

Mort du bavardage et des plaintes éclairées.

 

Il faut aller à l’encontre de l’idée d’une vie

Sans jouer

Sans danser

Sans étirer

Parce qu’il faut aller tel le dernier soubresaut du condamné.

 

Regard exorbité.

 

La nuit.

Je fais ce bond dans le tout dissimulé..

..Dissimulé dans le rien des jours.

 

Amour

Haine

Pitié

Colère

Honte

Désir

Peur

Corps d’artifices explosés en une myriade de vérité

 

« Je suis mort. Je me survie mais je suis mort »

_______________________________________________________________________

 

Et croire toujours

Que l’impatience apprend la patience,

Que rien de tout cela ne demeurera en soi

Si on demeure à jamais avec soi.

_______________________________________________________________

 

Et si une couleur pouvait fleurir de ma disparition…

 

…en vous…

 

…Je ne serais plus

 

…celle-ci et celle-là à la fois.

___________________________________________________________________

 

Je suis la pourriture qui se répand

Le silence qui abîme

Et le visage qui essouffle.

 

Je demande le pardon

La musique de mon sang s’écoulant.

 

Ici.

Mon nulle part.

Mon absurdité qui touche à l’héorïcité romantique,

A ce mal existentiel qui ne comprend pas

Et qui a perdu la belle complexité du réel.

 

Je voudrais que l’on me parle

Que l’on m’adresse deux mots

Bruts et agressifs de vérité

Pour que je puisse le retrouver enfin

Cet élan perdu.

______________________________________________________________________

 

Toujours

Ce silence si bruyant

Cette mort au chemin amputé.

 

Il me faudrait anéantir pour toujours cette conscience

Puisqu’elle est malade

Incompréhensible

Et que je deviens malade

Incompréhensible.

 

La haine

Je l’attends

Et le sang…

Quelque chose devrait me percer

Me transpercer

Pour que tout de moi cesse enfin.

_______________________________________________________________________

 

Cri inaudible

 

Je ne suis plus que l’aveugle sur un chemin effacé

Enfermé

Encombré.

 

Grenier aux milles poussières…

 

…ma mémoire d’enfant outragé…

 

…et la beauté du monde…

 

…perdue.

____________________________________________________________________________

 

A nouveau

Cet à-côté de la vie

Ce déchirement.

 

Les heures se meurent

Dans cette course pour un départ

Et le désespoir ou bien la faiblesse se fiche de savoir

S’il est question d’un départ pour la vie,

D’un départ pour la mort.

_____________________________________________________________________________

 

Mais le voilà

Le mort-vivant

Qui voudrait cesser d’errer

Puisqu’il touche sans sentir

Voit sans comprendre

Et parle sans construire.

____________________________________________________________________________

 

Et j’aime à croire

Que nichée sous la plus violente dépression

Se cache la plus forte expression de la vie.

 

Elle

Qui n’a su trouver son langage

Et qui,

par dépit,

Détruit, transforme et confine

Tout désir, tout rêve, espoir et colère

Dans un silence impénétrable.

Glacial

 

Toute privation est-elle silence,

Pénombre venant éclairer ce langage particulier

De la douleur du vouloir-vivre,

Du non-pouvoir-vivre ?

 

Où est-elle donc,

Cette solitude du souffle libéré

Et qui,

Dans un nulle part,

Se repaît seulement d’avoir tant vécu et se prépare

A vivre encore ?

______________________________________________________________________________

 

Soulevez-vous

Joies indiscrètes

Beautés aveuglantes

Pour que je puisse croire encore

Que votre monde est aussi le mien.

______________________________________________________________

 

Prisonnière dans ces draps

Couches de mon néant

Je gesticule

statique

Parmi les fantômes de mes heures abjectes.

 

Je ne veux pas de cris

Non.

Je ne veux pas de pleurs,

Ni même d’un souffle.

 

Je veux voir,

Seulement voir

La danse qu’exécutent ces milles feuilles

Lorsque lutant contre le vent assassin

Elles frissonnent et se réchauffent les unes contre les autres

A jamais aimantes

A jamais charmantes

Dans leur soumission, leur meurtrissure

Et les blessures de leur temps.

 

Quelqu’un

Ou bien quelque chose

Devrait pouvoir leur dire

Que tout ira bien.

_____________________________________________________________________

( 11 décembre, 2013 )

Année 2011

Et je danse sur la voie lactée de mes nuits

Avec toi dans mes rêves

Avec toi dans mes mains

Avec toi caressant les courbes cassées de ma vie.

_________________________________________________________________________________

J’ai écrit une lettre à l’étranger

Il possède ma clef de l’inconnu

Et j’attends sa réponse dans le temps suspendu de mes rêves éveillés.

J’ai écrit un testament à l’invisible.

Je lui cède les richesses de ma solitude épuisée.

J’ai offert mon souffle à l’impénétrable

Pour qu’il s’ouvre et m’accueille en son serein espace.

J’ai repeins toutes déchirures

Pour vivre sur un sourire léger

Mais parfois tonne l’orage de mes angoisses passées

Jamais dépassées

Puis je vois et je sens au milieu d’un silence sans visage

Au milieu d’une obscurité sans limite

Ce corps que je voudrais épouser

Dans une nuit d’oubli éternel.

________________________________________________________________________

Des heures se sont cognées à des nuits blanches

Heures épuisées et blessées

Par des pensées dévorées et froissées.

Puis il y a un sang incolore

Sang de la douleur sans nom

De la douleur sans coupable

Et le sourire a fondu

Dilué dans l’espoir qui n’est plus que l’étendu liquide des noyés.

_____________________________________________________________________________

Je suis le masque sans regard

Parce que la vie ne doit pas savoir

Que je ne vois que toi.

Je suis les lèvres sans langage

Parce que l’amour ne doit pas entendre

Que je n’appelle que toi.

Je suis le corps sans blessures

Parce que la vie ne doit pas sentir

Que tu te répands sur moi

Et je ne m’habille plus que du silence qui attend

Puisque tu gémis au milieu de mes pensées

Et que les saisons ne daignent s’arrêter

Pour prier au bord de mon lit de l’éternité.

___________________________________________________________________

La vie chante

Sur des branches épanouies et insouciantes

Et le reste du jour

Recevra les restes de nous-mêmes.

________________________________________________________________

Contre ma poitrine glacée

Le souvenir.

Contre ma peau abandonnée

La solitude.

Contre mes lèvres épuisées

Le fantôme de tes baisers.

_______________________________________________________________

Je voudrais te saigner

Te ligoter au bas des marches de la honte.

Je voudrais te découper

Et nourrir les enfers de ton immondicité

Pauvre corps imbécile et ingrat,

As-tu déjà su posséder les sourires de la vie ?

__________________________________________________________

J’ai saigné d’admiration

Et la beauté n’en a rien su.

J’ai pleuré de regret

Et le temps m’a méprisé.

A présent je balaye la petitesse de mon être

Pour la douce illusion de ne jamais avoir été

________________________________________________________________

Il me semble que le ciel des naissances explose d’un dernier courage de lumière

Tout comme je répand sur mes silences mes derniers sourires de prière

Mais l’automne chuchote à ma porte

Et viendra-t-il bientôt lacérer mon corps de ses mains de feu ?

________________________________________________________________________________________

Je suis l’oublié de ta pensée

Le croquis effacé par ton absence.

Je suis ta fidèle en pensée

La main qui dessinera à jamais

Ton souvenir

Ton existence.

__________________________________________________________________

Elle m’appelle ce soir encore

De sa voix rugissante et tyrannique.

Elle répand en moi encore

Ses idées infammiques

Ses images maléfiques

Et je ne suis plus que ce regard épuisé du vide

Puisqu’elle crache sur tous mes rêves

Et condamne ma voix au derrière de mes lèvres enchaînées

Mais je gémis,

Fébrile,

Dans cette prison maquillée

Puisque j’ai peur sans voix toujours

De ne plus jamais être

A chaque pas mis dans ce silence.

_________________________________________________________________

Et je gémis pour un Il-était-une fois

En vomissant mes à-chaque-fois.

_________________________________________________________________

L’histoire n’a plus de page.

C’est l’inconnu qui me l’a dit

Tapi dans l’ombre de mes espoirs.

_________________________________________________________

C’est habillée de terre

Que je baiserai enfin vos pieds

________________________________________________________________

Il y a quelque chose, du moins, qui flagelle les parois de mon cerveau fébrile.

Il y a des images, quoi qu’il en soit

Puis il y a des visages.

Surtout des visages;

Ceux que je voudrais emprisonner de tendresse dans mes bras fatigués

Ceux que je voudrais torturer de baiser sous mes lèvres asséchées

Puis il y a le mien

Tour à tour ensanglanté

Épinglé,

Balafré,

Raturé.

Démasqué.

Il y a l’image de ma propre mort au milieu des photographies de mes amours

Il y a la voix surgissant de nulle part et qui me dicte la nécessité de mon suicide

Au milieu des pensées colorées et aventurières de toute existence qui se vit.

___________________________________________________________________________________

Sans toucher

Sans amour

Mais de la rencontre inconsciente du néant et de l’âme fragile,

Tu es là,

Création expirante

Et je te porte en moi tel un enfant du malheur

Que je voudrais mettre en terre.

Douleur,

Si seulement ton cri pouvait saigner.

___________________________________________________________________

 

( 11 décembre, 2013 )

Année 2010

Quelque chose m’ordonne de rejeter l’aube,

Cette lumière de toutes les possibilités

Et m’ordonne de me confiner dans le délirant du noir

Puisqu’on ne vit dans la nuit qu’avec les mères de notre folie.

                                                                                                                                                                                   

Que l’on me donne une tombe

Pour que je puisse prendre place en la vie

                                                                                                                                                                      

Et si du contemplatif au déclaratif il n’y avait qu’un frémissement,

Me réchaufferas-tu encore?

                                                                                                                                                                                                              

Et ta main

Sur ma chute de rein

Je voudrais l’y sentir gravée

Pour que je cesse d’avoir froid

Pour que je cesse de reculer…

Mais j’ai tant à faire encore

Comment pourrais-je vouloir t’offrir cet amas de pièces écorchées?

Je voudrais une seconde naissance

Puisque je marche vers ta perte

Puisqu’il sera trop tard

Puisqu’une puissance me diluera de ta mémoire,

Elle.

Ton éternel féminin.

Là.

Quelque part.

__________________________________________________________________

Le regard est rond sans englober

Les lèvres larges sans sourire

La voix claire sans repos

Et la Terre tourne sans détour.

Il me semble que la mer sera grise de corps noyés.

Un jour.

______________________________________________________________

Je voudrais que tout cesse enfin

Ne plus donner naissance. Jamais

Même à la plus futile des futilités

Puisque je ne suis plus qu’un contenant sans contenu posé sur un socle de mensonge.

_______________________________________________________________________________________

Que le temps me pardonne mes ignorances,

Mes impuissances

Et mes faibles espoirs,

Mes secrètes violences.

Je voudrais que les portes du jour se referment à jamais sur ma nuit éternelle.

__________________________________________________________________________________________

Intuition fugitive

Sensation contemplative

Désir aux formes possessives.

Les heures

Parfois

Attendent la vie

Et la vie.

Attend parfois

Certaines nuits

Pour que s’exprime en feu explosif le rêve réalisé.

L’impatience apprend la patience

La patience apprend la reconnaissance

Et l’obscurité dévoile une palette de baiser et des pinceaux de lèvre

Pour ma peau

Ma peau frissonnante.

________________________________________________________________________________

Et je te vis

Toi que rien de moi n’appela à te retourner.

Et ma voix a gardé le silence

Pour l’accomplissement de mon désœuvrement,

La nécessité de ta fuite.

______________________________________________________________________

Il y a comme un silence éternisant

Au plafond

Au plafond de mes craintes.

____________________________________________________________________

Le mal reprend des forces

A nouveau.

Quelque chose s’est rompu et continue de se rompre.

Le plancher de l’équilibre craque

Les vagues de la déraison s’élèvent

Et je ne sais plus.

Il faut que ça se taise

Il faut que ça se taise avant que mon sang me lave de moi-même.

___________________________________________________________________________

Mon déclin est en quatre couleurs

Tout comme je t’aime de tes quatre saisons

Puisqu’en chacune d’elle je te trouve à chaque fois un peu plus.

Pardonne-moi

Puisque je ne suis que celle-là.

__________________________________________________________________

Puisque mes pensées m’étranglent

Que ces images sans voix me perdent

A nouveau,

Je voudrais que ce semblant de vie qui reste en moi m’abandonne.

Il me semble que la chute se fait de plus en plus profonde

Et qui saura donc gifler mes larmes?

Je me sens l’égoïste dans un monde d’attention.

Que l’on me pardonne.

Chacune des heures de ma vie est un cauchemar que créé ma folie.

Que l’on me pardonne.

Je ne sais plus.

Qui suis-je?

Qui est-elle?

Elle. Qui est en moi.

Elle. Que je porte.

Que l’on me pardonne.

Je suis l’une et l’autre à la fois.

___________________________________________________________

Je sens mes jours se raccourcir.

J’ai peur.

Faudra-t-il m’enfermer encore?

Je vous demande pardon.

Injustice de mes pensées profondes.

Ingratitude de mes désirs premiers.

Je vous demande pardon.

L’éternité sans vie m’appelle

Et je perdrais à tout jamais l’écho furtif de vos voix

Là-bas.

Puisque sans mémoire y est la Terre

Et si froid,

Le feu qui y meurt.

Vie.

Au bas de mes fenêtres de solitude,

Tu me fais si mal.

_______________________________________________________________

Je voudrais marcher

A jamais

Aux bras de ton absence

Puisque tu me seras toujours

En tout lieu et en tout temps.

____________________________________________________

Architecture de mes cahiers de dépenses émotionnelles.

Tourbillon sensoriel de mes heures écrites.

Quelque chose de moi.

Au milieu de tout ça.

Enlace la vie rêvée de tes rêves.

____________________________________________________________

Quelque chose respire avec mon souffle.

C’est ta présence d’argent

Ta croix discrète me gardant protégé.

Oui.

Quelque chose entre le monde et moi te ressemble.

________________________________________________________________________

Elle.

Encore.

En moi

Et qui me fait marcher au fil des heures

Sur cette corde que je ne peux passer autour de mon cou.

Embrasse-le bientôt

Je t’en prie

J’ai tant besoin de toi encore.

_____________________________________________________________

Féroce nuit.

Quelque chose m’a comme prise et rejetée tour à tour.

C’était la vie.Pour la mort.

Ce devrait être la vie. Contre la mort.

___________________________________________________________________

C’est un dégoût

C’est une haine.

On voudrait se saigner

Se faire vomir.

Découper de soi ces choses qui nous écœurent et nous pourrissent

Mais ça reste

Irréductiblement.

Il faut se quitter

Seulement se quitter

Et arrêter le sourire qui tente de vaincre l’hiver du regard.

____________________________________________________________________________

Il n’y a plus rien que je veuille porter

Il n’y a plus rien que je puisse supporter

Tout me demande de lâcher

De me laisser tomber.

Je dois attendre que l’image de mon existence s’efface.

Et mon corps doit se briser sous le poids de mes impuissances et de mes hontes permanentes.

Je voudrais agrafer mes paupières

Et détruire de ma vue,

De ma conscience

Toutes ces beautés qui me retiennent.

_________________________________________________________________________

La fin me poursuit

Puisque je poursuis le perdu

Puisque je poursuis l’abandonné

Le rêve dans lequel le bonheur se dissout.

___________________________________________________________________

Ne sommes-nous plus que l’image de nous même?

Qu’est-ce donc qui nous a emballé, décoré?

Société

Gigantesque petit ego.

________________________________________________________________

Quelque chose. En moi.

Conserve ta voix

Et ce quelque chose te cherche

Puisqu’une voix sans visage est une lumière sans histoire.

___________________________________________________________________________

Qui prier à présent

A présent que le don par l’illusion est devenu mensonge

A présent que le silence est devenu impuissance ?

Il me semble que je voudrais fermer ces noires paupières

Sur l’idée que rien

Plus jamais

Ne pourra les faire s’ouvrir

Parce que mon regard est un regard qui ne voit plus

Qui n’entend plus

Et ne respire plus.

Je demande la paix

La lame tranchante du vide

Puisque je ne fais que mourir souriante dans ce reste que je suis.

_________________________________________________________________________

La création n’est plus que le chantier de la destruction

Et en une seconde,

Les années passent.

____________________________________________________________

Quelle est cette heure que je sens venir

Soupir après soupir

Larmes après larmes

Colère après sourire ?

Je sens comme mon destin

J’en vois comme l’image

Et j’entends le silence.

Ce silence.

Est-ce une clairvoyance

Est-ce une folie ?

Et réalité,

Si fragile…

Comment se cramponner à toi ?

_____________________________________________________________

N’oublie jamais

Je t’en prie

Ces baisers que je porterai encore sur la vie

Lorsque même nous ne nous regarderons plus

Puisque tu en fais parti.

_______________________________________________________________

Quelque chose semble mourir un peu plus

A chaque pas mis dans cet « encore »

Et quelque chose

Pourtant

Crie :

« Demain sera-t-il toujours ? »

Le corps et l’âme s’épuisent

Et il y a ce sang invisible qui coule.

C’est un flot qui nous accuse

C’est un flot qui nous éloigne.

___________________________________________________________

Il y a eu l’espoir d’une renaissance

Puis l’ambition d’une survie.

Il y a, à présent, cette mort lente et douloureuse

Et je voudrais afficher à jamais ce sourire fragile

Puisque le parfum du caressant me touche encore.

Puisque je le sens.

Puisqu’ils.

Puisque vous.

Puisque tu.

Et puisque mon amour voudrait se lever avec chaque aube de vos vies

Je prie pour vous sans qui je n’aurais jamais saisi la beauté du monde

Que mes ingratitudes inguérissables puissent vous offrir l’indifférence de mon ultime silence.

Comme je voudrais

Qu’on me pardonne cette agonie dont je ne suis maître,

Ces plaies dans lesquelles je me noie et qui se nourrissent de mes pensées

Ce rien que je suis et que même le vide ne voudrait acheter.

___________________________________________________________________________________

 

( 11 décembre, 2013 )

Année 2009

Que puis-je et que suis-je?

Toi…

Criminelle des baisers que j’ai pu te donner

Des caresses que j’ai pu sur toi murmurer

Pardonne-moi

Même si je voudrais tes mains sur moi

Demain matin,

Ton corps sur moi

Même si j’ai tort,

Tes regards dans les miens

Même si c’est au hasard.

                                                                                                                                                     

Élan et échec du palpable.

Il y a un corps qui crie un manque.

Et des paupières closes pour ne sentir que le rêve.

Il me semble parfois que notre vie ne nous regarde plus.

                                                                                                                                                                    

Ta guitare sur ce drap

Ce drap sur ton corps

Ton corps sur ce navire

Et à côté je suis les vagues de ta réalité.

Les paupières endormies

J’écoute le silence de tes pensées.

Il pleut au dehors

Et tu t’éveilles

Me serres contre toi

Et ta peau

A cette heure sans heure

Me rend comme éternelle.

Peu importe le temps puisqu’il est doux.

                                                                                                                                                

Il y a un vide incertain

Et un manque certain.

Il y a toi là-bas

Et moi ici

Il y a une raison qui crie « assez »

Et un murmure qui clame « encore ».

Il y a l’effort

Et le souvenir en réconfort.

Il y a eu une aube

Et il y aura des absences d’aube.

                                                                                                                                      

Tôt.

C’était si tôt.

Aucune heure chiffrée mais parfum du très tôt.

Pas trop tôt

Non.

Juste très tôt.

Si paisibles visages dans ce très tôt.

                                                                                                                                    

Laisse-moi ici puisque je suis du nulle part

Puisque tu es d’un ailleurs.

                                                                                                                                            

Je suis vêtue

Nue

D’un sentiment sans émotion

D’un transport sans élan

D’un désir sans cause

Platement

Sans couleur.

Il y a comme des courbatures dans mes courbes

Et les traits noirs de mon visage vacillent

Entre des lignes et le vide de la pensée.

Il me semble avoir perdu quelque chose.

Quelqu’un.

Puis je voudrais couler en larme

Être substance salée et m’étendre tout le long de ce grand horizon.

                                                                                                                                                                                          

Puisque la magie est une surprise du réel

Je voudrais que tu.

Puisque la peur m’envahit comme cette lune ronde envahit la nuit

Je voudrais que tu.

Puisque les larmes me secouent comme le rejet d’un mal en notre corps

Je voudrais que tu.

Que me prennent tes bras

Que me rompe ta douceur

Que me déterre ta voix.

Parfois.

Parfois j’oublie que je t’ai fui

Mais j’ai comme crié ton nom dans mes larmes la nuit dernière

J’ai comme cru que tu m’avais entendu.

Et les jours se vautrent dans le temps

Et ton absence

Indéfiniment.

                                                                                                                                                                         

J’ai aimé ton sourire

L’envolé blanche de ta chemise défaite

Et ton élan timide

Par le vent du soir.

                                                                                                                                                            

Et ce ciel si bleu

Je le percerais de noir

Juste pour en aimer le bleu

                                                                                                                       

Il y a un vertige incompréhensible

Et qui porte mes pensées à la contorsion.

Identité de mon être

Qui ne fait vomir que moi.

Je ne sais plus très bien

Que faire,

Que dire

Et j’ai rongé le silence

J’ai éprouvé le silence

Dépossédée par le silence

En possession de mes silences.

                                                                                                                                                                

Il y a comme une accumulation de mots sans notes distinctes

Dans mon crâne

Ce matin

De rien.

Et une dose épineuse de douceur

Par un pénétrant frisson du souvenir.

                                                                                                                                                                    

Odeur d’une liberté salée,

Scintillement diamanté riche des cries de joie et des peurs excitées,

Et les corps sont bruns sur cette joue de sable

Et la mer enterre la terre,

L’amer.

Sérénité sous ondulation mousseuse.

Rien ne semble noyé

Puisque nous sommes tous

Ici

Noyés.

Et tel un bâton de bois noir

Je demeure

Figée

L’âme féroce comme ces pierres

Puisque je te sens si près de moi

Par ce vent d’été.

                                                                                                                                                         

Café noir après idées noires

On tente de jouir du temps

Mais rien

Tout est rangé dans le futile

Ce futile repoussant et qui nous repousse.

Sommes-nous certain d’être en veille?

Que l’on nous veille…

Puis on le sais bien.

On n’a rien dit.

On se sait avoir été si loin

Et on ne sait toujours pas

Que dire

Que rugir.

Comme errant dans un espace flou

Le temps même semble nous avoir abandonné.

                                                                                                                                                                     

Psychiquement masturbatoire

Ce vertige multicolore.

La couille de l’univers sera une couille de création,

Vide et pendante.

Et je me sens pleine et en érection

Puisque dans mon nulle part

Fraîchement, éjacule l’espoir.

                                                                                                                                                                

Tes bras,

Cordes de ruban enlaçant ma taille.

Une capture qui apprivoise ma peau

Chacune de mes peaux.

Et perles de la fraîche rosée

Naissant sur ma figure échouée.

Que pleuve sur moi ce petit jour

Encore et encore

Puisque tes baisers sont mon seul éveil.

Et j’entends encore

La musique de tes sourires

Et comme j’aime les entendre rire

Tes sourires de silence.

Invite-moi toujours

Pour chaque début du monde.

                                                                                                                                                                  

Arôme d’un désir qui se tend vers toi

Ce matin

Et j’entrouve mes paupières.

Tu n’es pas là

Et j’agonise de voir.

Mais j’entends

Indéfiniment

La course de nos soupires

Et mélodieuses, ces heures

Où tu

Où je.

Et je souris

Puisque tu demeures

Quelque part

Sur ma peau.

                                                                                                                                                  

Heures étirées

Temps exténué.

J’ai comme perdu un parfum

Aujourd’hui.

Morne journée.

Et je cherche

L’instant où je m’accrocherai de nouveau à ta voix.

                                                                                                                                                                       

Et je cherche

Le chemin de tes pas

Dans mon univers de haut et de bas.

                                                                                                                                                                 

Pourvu que ton sourire

Sur mes lèvres

Tombe enfin…

                                                                                                                                   

Il me semble que ma peau attend

Il me semble qu’elle se tend

Et je m’étends sur l’estampe de notre revoir.

                                                                                                                                                                              

La nuit s’en est allée

Perdue dans le lit du soleil qui naît

Encore et encore.

                                                                                                                                

Et seule

Enfin

J’essaye de voir

Les couleurs d’hier

Mais fantomatique

La couleur de ton présent

                                                                                                                                                   

Dans cet inconnu

Où est-tu puisque tu me manques?

Sans limite et sans éducation sont mes pensées

Puisque ici tout explose sans couleur.

Comme tout fuit à nouveau

Et j’ai si peur de ne pas te rester…

Mais Août se meurt

Et Septembre me semble encore si loin…

Pauvre temps figé en négatif

Lorsque tu n’es pas.

Et mes silences

Vers toi

Enlace-les

Comme tu as pu m’enlacer aux couleurs de la nuit.

                                                                                                                                                                             

Rencontre avec une dépendance

Et dépendance laissant interdit

Mais sans pensées,

Je me souviens encore

Je me souviens encore que je ne puis oublier.

                                                                                                                                                     

Parce que tu as manqué à ma vie

Dans l’infinité de ses chutes,

Parce que je n’avais su t’y trouver

Dans l’immortalité de mon aveuglement.

                                                                                                                                                          

Charcuterie de la réalité.

Vérité découpée.

Tranchée.

Emballée.

Et rêve refroidit

Congelé.

                                                                                                                                                   

Kilomètres découpés.

Recollés.

Diminués par la pensée.

                                                                                                                                            

Rupture dans les pas.

Rythme des Je-ne-sais-pas.

                                                                                                                                                         

Matin de vertige.

Bulle de solitude éclatée dans un monde de bavardage.

Je voudrai étreindre Varsovie contre ma chair.

                                                                                                                                                                                 

Ma main.

Sur mon front, échouée.

Ma main.

Sur ce cahier décanillé.

Mon corps.

Dans le vent du hasard

Je m’en vais mourir de la vie

Un jour de plus.

                                                                                                                                                  

Et mes lèvres sont tendues vers un rêve

Inconnu. Improbable.

Et que mes fantaisies retiennent mes nuits

Pour l’oubli de l’attente d’un certain paradis.

                                                                                                                                                          

Et parce que la mine glisse

Comme les traits de mon visage

Vers la noirceur de la fuite.

                                                                                                                                                                                 

E ma peau

En cet instant

Nue,

A quoi sert-elle

Puisque tu n’es pas là pour la sentir douce?

Où es-tu

Puisque je voudrais que tu me défendes?

Étouffe-moi

Au creux de ton cou

Au creux de tes nuits.

                                                                                                                                               

Me devines-tu,

Me déchiffres-tu?

Et ton sourire,

Je voudrais le voir

Pour l’étreindre une dernière fois.

                                                                                                                                                

Et qui donc l’entendra

Ce cri au milieu de mes écrits?

                                                                                                                                                                          

Il me semble que tout ira mieux.

Je me destine aux cieux.

                                                                                                                                                 

Aide-moi à parcourir ma pénombre

Puisque je n’y discerne plus rien.

Il me semble que je me suis tuée

Encore.

                                                                                                                                                             

Puisque je me sens seule

Et puisque je ne peux en pleurer,

Ce jour me semble à raturer.

                                                                                                                                                             

Je ne comprends pas

Comment ce ciel peut-il être si bleu

Comment ces murs peuvent-ils être si blancs?

Il me faut comme attendre

Le tunnel de l’indifférence.

                                                                                                                                                              

Instant auto-destructeur derrière portes closes

Derrière portes éteintes

Mais au devant de l’éclat noir d’une réalité incompréhensible.

                                                                                                                                                                                           

Et je prie le pardon puisque je ne connais que le langage de la lamentation.

Quelle est donc la vie qui me ramènera à la vie?

                                                                                                                                                                                                                   

Et le vide de l’existence commence son installation.

En moi.

Tout autour de moi.

                                                                                                                                                                                           

Ne suis-je donc rien d’autre que le silence de la mine qui glisse,

Le silence de l’encre qui manque?

                                                                                                                                                                                

Je ne sais où aller.

Je ne trouve aucun espace à épouser

Excepté celui de ton corps que je ne saurai trouver.

                                                                                                                                                                       

Demande apprivoisée

Caresse déportée

Instant encombré

Histoire confinée.

                                                                                                                                                                       

Inquiète et fière espérance.

                                                                                                                                                   

Et je voudrai toucher chaque chose

Sentir chaque chose.

Puis les goûter.

M’en imprégner.

Par le regard

Simplement par le regard.

Puis percer les distances

Oubliant de battre des cils

Comme prenant un chemin sans chemin.

Chemin à ne pas voir mais à sentir

Et ni voler, ni marcher

Mais me sentir seulement attirer

Et oublier

Cette gravité terrestre

Cette gravité pédestre.

                                                                                                                                                            

Trousseau de clefs jeté. Éjecté.

De mes mains.

Plus rien ne semble à fermer

Et plus rien ne semble pouvoir s’ouvrir

A commencer par cette vie.

Qu’elle prenne l’air, enfin!

Mais je voudrais tes lèvres sur ma peau

Tes lèvres à ma voix

Ta voix à mes lèvres

Être bercée dans les draps

Les draps de la sérénité.

Mais à présent

Qu’on me le dise enfin,

Quelle vie aurai-je demain?

                                                                                                                                                                         

Il faut faire place à l’avenir d’un passé

Mais je reste

Comme toujours.

Les ici sont comme des là-bas.

Et café noir après café noir,

Et mégot sur mégot,

Je construis une architecture funeste de Marlboro.

Monument de dépendance dans récipient d’écrasement.

                                                                                                                                                                  

En vrac, en friche, en décomposition,

Je continue à mépriser le monde environnant

Sans le descendre

Mais seulement parce que je voudrais être au-dehors de moi-même

Et rire en me montrant du doigt.

                                                                                                                                                                                              

Paroles sans aucun monopole.

Terre, métropole géante de la connerie humaine

Sans généralité aucune

Mais par conscience, absolument.

Mais les pages se tournent et se retournent.

Tournoyante est mon absurdité

Suffisante à elle-même

Intrinsèquement

Et infécondemment.

                                                                                                                                                                

Générateur de pourquoi

L’imbécillité qui est en moi.

Et mes lèvres sont tendues, débilement,

Vers une substance incertaine.

                                                                                                                                                   

Toujours.

Ce manque en mes jours.

Celui qui dédouble mes heures.

Ton absence.

Mais j’attends le signal de la survie

Qui me fera reprendre en main ma vie

Puisque rien ne m’attire plus

Puisque j’ai comme perdu à jamais

La saveur d’un sentiment du tout

Et le parfum dans des riens.

                                                                                                                                                              

Devoir perpétuel de s’anéantir soi-même

Sans arrêt

En marche arrêtée

Et se mettre de côté

Contre les barreaux d’un cachot que l’on se créé.

Cadre malsain renfermant un trop humain devenu trop inhumain

Et le corps n’est plus qu’une paroi de fer glacé et glaçant.

                                                                                                                                                                                

Et il y a des fugueurs qui cherchent

Et je cherche.

Fuite tatonneuse

Honteuse

Et si amoureuse.

                                                                                                                                  

Elles coulent

Mes rêveries passionnées

Vers mes lèvres sèches et que tu as fragilisé.

Et les larmes sont l’écriture des désirs inavouables.

                                                                                                                                                               

Je voudrais m’étendre

Faire un avec le sol immuable et turbulent

Et prendre enfin chacune de ses formes.

Que l’on marche sur moi,

Me piétine et m’écrase.

Une essence demande une métamorphose totale

Métamorphose punitive et donatrice à la fois.

                                                                                                                                                                  

Faim tiraillante et nausée dans la condamnation.

Quelle est donc la saveur du désir perdu?

                                                                                                                                                     

Enchaînée à l’imperfection

Il me faut atteindre la perfection de l’imperfection.

                                                                                                                                                                  

Je me sens être une si petite chose

Qu’une rivière paisible me devient tortueuse.

Et mes pensées somnambules,

Enfermées dans cette boite méprisable,

Déambulent dans un espace si sombre où s’entasse la poussière des heures.

                                                                                                                                                                                                      

Et je capture des beautés terrestres

Des beautés spirituellement terrestres

Et je saisi l’image d’une chose, à mes yeux, émouvante

Mais intenabilité du discours qui s’y accroche

Et simple universalité des émotions comme espoir pour une communication.

                                                                                                                                                                                                  

Plus rien en moi ne pleure

Excepté ma culpabilité.

                                                                                                                                                        

Mais ma vie,

Calme et rangée,

Dans le désordre de mes sens,

Me demande  »où aller ? »

                                                                                                                                                

Me demeureras-tu

A chaque minute

Dans l’espérance universelle

Dans la désespérance commune

Au devant de l’éclat artificiel de nos réalités incompréhensibles.

                                                                                                                                                                                 

Il n’est plus l’heure à présent.

La mesure de mon impatience a trépassé.

Et je prie la Raison puisque je ne connais que le langage de la perdition.

                                                                                                                                                                                             

Et ces nuages dans le ciel qui me rassurent;

Formes multiples du suggéré.

Tout semble être dit pour le non-dit.

                                                                                                                                           

Terrasse de café.

Table pour quatre.

Table pour trois absences.

Je suis allée à une solitude accompagnée.

                                                                                                                                                    

Existence pastellisée

Éternité aquerellisée

Heures claires-obscurisées.

                                                                                                                                                 

Histoire confinée

Demande apprivoisée

Caresse déportée

Instant désincarné.

                                                                                                                                                     

Et j’ai ouvert mon petit matin sur des pages de petits carreaux impuissants

De belles heures reviendront,

Je le sais bien.

Des histoires seront à témoigner.

                                                                                                                                                                           

Mes pensées auront des ailes

Un jour.

Un jour je ne serais plus.

                                                                                                                                        

Mais les animaux dressent leur table

Et je voudrai oublier l’existence

L’existence morne et concrète des choses.

Il n’y a plus rien que je veuille.

Il n’y a plus rien que je ne veuille pas.

Il y a comme du rien niché dans un tout

Et un tout perdu dans un Rien.

                                                                                                                                                                    

Je suis à la poursuite de cette fugitive mémoire.

Je suis une prison cherchant une liberté à posséder.

                                                                                                                                                               

Résignation abrutissante

Mais peu importe une fois de plus puisque le peu importe peu.

                                                                                                                                                                         

Vie enfermée

Sang confiné

Je vivrais mieux ensanglantée.

                                                                                                                                                         

Ce vin,

Je voudrai le boire

Pour le sentir en moi

Et pour comme m’en colorer de toi

Mais invocation d’une meurtrissure

Besoin d’un repli transcendant

D’un repli dans un certain néant.

Je voudrai de ma cervelle éparpillée pour dîner.

                                                                                                                                                        

Et je la sens quelque part

Et je les sens quelque part

Non loin de toi

Toi qui les vois

Toi qui ne me vois plus.

Je voudrai que tu me saisisses

Dans l’absolu du saisissable.

                                                                                                                                                              

Trois minutes d’attente

Sans attente

Dans un train

Sur un siège

Contre une vitre

Une vitre sale

Près d’une place

Une place vide

Et la poitrine

La poitrine pleine

Pleine d’un vide bruyant.

                                                                                                                                                                             

Tiraillement aux bras de la résistance.

La fuite prend du retard.

                                                                                                                                                         

Je voudrai assassiner ma chair

Étourdir chacun de mes organes

Ne plus battre de mon cœur

Mais seulement de mes rêves,

Portes battantes sur un monde meilleur parce qu’inexistant.

                                                                                                                                                                                 

J’ai comme si peur. A nouveau.

De cela et de tout cela.

Et j’ai comme si froid. Encore.

De ce qui n’est plus et de ce qui ne sera jamais.

Je voudrai sourire à ma souffrance

Lui offrir une éclaircie

L’entendre

Et la voir disparaître.

                                                                                                                                                           

Il faut que l’on m’offre l’instant de mes excuses.

Qu’on me délivre de cet empire de remord.

                                                                                                                                                                                

Peu importe le « Autrefois »

J’ai comme lavé ce malsain de nous

J’ai comme repeint ce besoin de toi.

Un « ce qui a été » suffit peut-être à une mémoire qui doit avancer.

                                                                                                                                                                                              

Teint pâle

Sang endormi

Regard amer et lèvres cousues.

Je suis née cendre et mon existence est poussière.

Rien de plus.

                                                                                                                                                                            

Beauté de tes mots. Pour Elle.

Elle que je vis également si belle.

Mais Elle n’a pas su.

Mais Elle n’a pas compris

Et il me semble que je lui en veux. Pour toi.

Pour ta clarté. Sévère. Troublante. Troublée.

Pour ton univers intérieur. Silencieux.

Comme ce silence avant l’éternité que j’entends parfois.

Et en te lisant

En lisant ces mots qui n’étaient pas pour moi,

J’ai comme cru te saisir pour la première fois

Moi qui te savais mais qui ne te savais plus.

Je te retrouve à présent et laisse-moi cette prétention:

Celle de croire que je suis la seule à te savoir par omniscience d’amour.

                                                                                                                                                                                                          

Ciel gris-bleu de ce jour…

Il me semble que j’attends l’étoffe noire cachée derrière ses couleurs

Pour mon repli

Pour mon oubli

                                                                                                                                                                                          

Je ne suis pas restée.

Je me suis arrêtée devant le tableau de notre histoire

Et j’y voyais si clair

Puisque je ne voyais rien au-delà.

Magistral rien.

Rien de plus que tout ce que les autres n’ont pas.

Et ton sourire,

Comme une apparition

En ce matin.

                                                                                                                                                           

Je voudrais t’entendre ému par ma peau

Te sentir sourire de mes regards

Pour la certitude de te savoir aimé.

Toujours.

Même si ce n’est que moi.

Mais je valse seule

Pour l’auto-destructeur bonheur de tournoyer du vertige de ton absence.

                                                                                                                                                                                                        

Chef-d’œuvre d’une cuisine intuitive

Mon cœur et ma cervelle en salade saucée de sang.

                                                                                                                                                                 

Et il demeure. En moi.

Un inassouvissement certain.

Et je n’aurai pas du: seconde certitude de ma nuit.

Mais mon corps,

Enveloppé dans cette étreinte

Et la chaleur de ta peau…

J’aurai aimé qu’elle me brûla par-delà toute vie.

Mais je te regarde

Et tes yeux dans les miens

Ton sourire dans le mien

Ta présence,

Comme déposée sur mes seins…

Il te faut me bannir sur le cadavre de ton absence

Maintenant

Puisque je te perdrais. Puisque je me perdrai.

Forcément.

                                                                                                                                                                                         

Puisque cette peinture inachevée puis abandonnée et maintenant reprise ne mène à rien,

Puisque ce torrent du crépusculaire nuancé avec du mortuaire ne mène à rien,

Puisque ces pages blanches anéantissent ce possible silence cérébral

Et parce que ce Stabat Mater me ramène à ce temps passé. Enfermé.

Exilée dans le très noir de mon atelier lui-même abandonné. En chantier.

Je voudrais seulement que quelqu’un

Un jour

Reconnaisse et se torde de mon non-talent.

Et il ne faut pas

Il ne faut pas laisser venir,

Surtout pas,

Cette folie infernale.

                                                                                                                                                                

A quoi bon tout le reste et ce qui reste?

Je voudrais le pas-encore et le probablement-jamais

Et en mourir, sans impatience mais d’amour pathologiquement sublimé.

                                                                                                                                                                                                              

Je voudrais oublier le temps

Perdre ma conscience

Et gagner mon inconscience, mon insouciance.

Que ma gorge vomisse sa plus belle œuvre,

Sa plus belle horreur

Celle que je suis.

                                                                                                                                                                      

Lumière dans les yeux

Obscurité sur les paupières.

La fenêtre est dégagée et le ciel obstrué;

La fumée est libérée et le silence délivré.

Les mots me manque

Le manque est un maux

Un péché

Et l’air caresse ma peau

Pendant que les murs dessinent mes murmurent.

J’écoute et je n’entends pas.

                                                                                                                                                                                 

Ce calme.

Soudainement.

Si soudainement

Sentiment de toute inexistence est instant où l’être n’a besoin de rien pour Être.

Danse couverture nuiteuse.

Sur moi.

Puisque tu nous permets d’imaginer ce lien invisible entre l’univers et soi.

                                                                                                                                                                                              

Et j’admire la douce frénésie du dehors.

Douce car lointaine.

Audible,

Juste audible.

Puisqu’elle vient à nous

Et que nous nous évaporons vers elle

Sans jamais être en elle.

Pure vertu de la distance.

                                                                                                                                         

Faim sur lèvres désintéressées

Mémoire tentant de se réveiller

Et chat hurlant de famine.

Instant décapité.

Perception dérangée.

Je ne distingue plus

Le réel de l’imaginaire

Et je m’arrête.

Bruit chaotique gravitationnel

Danse multiple et démultiplié des pas

Rythme électriquement humain

Et confusion des directions dans les regards fermés.

                                                                                                                                                                        

Forme d’une pensée

Hallucinée et hallucinante.

Force d’une pensée où se niche un désir inavoué.

                                                                                                                                                      

Chantier de mon intérieur

Par lequel je crée ce soir

Les fragments d’une secousse intime.

                                                                                                                                                       

Ma grande inconscience

Ma petite folie

Ma fébrile raison

Vous qui n’avez pour berceau que ma petite figure

Percez donc le verre de cette image par une torture glaciale

                                                                                                                                                                         

Qui est donc cette imbécile qui veut combattre

Et qui me perce du regard?

Drôle est le miroir.

                                                                                                                            

Parce que ce jour fut un éclair.

Parce que cet éclair fut assommant.

Parce que cet assommant fut éclairant.

Et endormie dans ma veille, je trouve cet instant si plaisant

Dans tout ce qu’il a de déplaisant.

Agonisante jouissance.

                                                                                                                                  

Et je fais des avions en papier

Dans la partie éventée de mon cerveau

Et j’écris mes idées

Et j’écris ce que je peints

Et peuple des idées se dirigeant en troupeau fantomatique

Vers la place

La place des stupidités

La fontaine des futilités

Dans la rue et l’avenue des absurdités

Mais ville et cimetière d’une illuminée réalité

Puis résurrection en croix des corps arrêtés pour l’idée divine de vénérer des morts.

Pure idiotie.

Se réincarner en oubli suffit.

                                                                                                                                      

Mais je laisse au vent de la nuit

La tâche d’essuyer mes heures du jour

Et que retentissent, seules, les notes de toutes les nuits.

                                                                                                                                                                     

Parce que je pense à toi. Par secousse.

Parce que mes frénétiques actions sont mes secours.

Parce qu’il me faut aller à quelque chose

Faire une quelconque chose

Loin de toi

Pour l’amour de toi.

Et derrière ce rideau de toile sec d’une décrépitude

Je le vois

Lui

Cet agent des aller-retour

Statue en tous sens rayé, barré

Mais il siffle le départ de mon retour

Vers ce là-bas

Vers ce là-bas que je fuis

Ce là-bas qui pourtant, devient le refuge de mes fugues.

Et tout me semble incontestablement enfermé, caché.

Comme le cadavre de ce bonbon entre ces deux vitres

Entre deux eaux, deux rives

Ne sommes-nous que passagers

Passeurs d’histoire et de temps

Puis traducteur de maux?

Interminable vivant.

                                                                                                                                               

Mais à relire toutes ces merdes je me sens comme la pire des merdes.

Et cette chanson

Qui me ramène à quelques mois plus tôt

Lorsque rien n’était encore…

A présent,

Un chemin se dessine.

Chemin sans issue pour ce qu’il a de secourable.

Mais je me comprends

Sans vouloir que l’on me comprenne

Puis être soi et prendre l’autre sous son image la plus réelle.

Peu importe le reste

L’important est en ceux qui restent

Et les aimer

Jusqu’à la plus profonde épine de son âme.

                                                                                                                                                              

Mais puisque ce cancer grandit

Puisque cette masse sombre se fait étendue

Par la vie quotidienne de la débauche

Je reste.

Et je n’écoute que ce que j’ai déjà ressenti

Avec ce dégoût pour le « chewing-gum des yeux ».

Et je doute.

D’être encore en tes pensées

Mais peu importe encore

Puisque je t’ai offert tout ce qu’il m’était possible de t’offrir

Le plus réel de mon irréel réalité.

Et je me sais bien

Que l’on ne s’en fasse.

Ce décalage m’interdit seulement certain palpable…

Don à l’oubli

Et possédée par l’abnégation.

Je resterai cerné par ma réalité

Ma douce et violente fiction.

Ce poids de la nuit,

Ce poids de toutes les nuits.

Et cette chambre

Dans ces nuits,

Dans toutes ces nuits…

Et ce froid.

Je le sens déjà

Cet enfonçant froid.

Je n’ai rien à faire ici.

Je ne sais pas faire.

Ici.

Et je ne sais où aller.

Je sens.

Jour après jour

Le déséquilibre grandir

Mais bonne comédienne je serai.

Que l’on m’apprenne à vivre.

Enfin.

Pour que je reste.

Mais petit cerveau

Si petit et dégénérant cerveau.

La honte de soi.

A nouveau.

Et cette plaie.

Vivace.

Entaille de la taille de ce désir.

Celui de ne plus être.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

Quelle est donc l’issue?

Toutes ces portes ne couvrent que des murs.

Et tous, vous semblez courir

Et seule, je semble reculer

Et je rampe

Au bord de cette rampe à rêve.

Me laissera-t-on me rompre?

Dans le fond,

Je l’assure, je te l’assure

Je ne demande rien

Rien si ce n’est ne plus être.

Ce serait si peu demandé au souvenir…

Cette vie me dépasse

Et tout aimer n’est rien aimer

Alors je n’aime rien

Et je jetterai tout.

Mes sentiments dans un premier temps

Mes sentiments puisqu’ils sont la réalité de ma chute.

Je t’en prie

Laisse-moi maintenant

Laisse-moi partir puisque tu me laisseras tôt ou tard.

Je ne veux plus.

De ce lit, de ce rideau, de cette fenêtre, de ce ciel.

De tes bras, de ta voix

De toi.

Si près de moi. Parfois.

Je ne veux plus.

De ces musiques, de mes amours, de ces sourires, de ces petits mais si grands bonheurs.

Je ne veux plus.

De ce corps, de cette peau, de ces yeux, de ces mèches.

Je ne veux plus.

Avoir froid.

Je ne veux plus.

De ces souvenirs. De ces irréels.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

Et j’ai retrouvé des images d’antan.

Période excessive de ma vie

Et visage pâle de mon passé.

Et j’écris

Des mots sans notes

Et j’entends

Des notes sans cordes

Puis je rêve

De corde à qui il manque mon corps.

                                                                                                                                                                                                     

Il y a un vent

Un vent qui balaye mes émotions

Mes intentions.

Puis je deviens une ombre par effacement continu

Et je me sens. Parfois.

Être une esquisse en mine de plomb

Dévorée par la gomme ennemie

Mais primauté de ma transparence puisque par elle je saisis les contours de mes rêves

Et je me fais absence de couleur

Pour accueillir chaque couleur

Chaque nuance de couleur.

                                                                                                                                                                                                

Mais je demeure.

A l’ombre d’une réserve du ciel.

                                                                                                                                                        

Laisse-moi penser à toi

En secret

Dans le silence de mes lignes.

Laisse-moi le faire puisque nous savons tous deux

Le poids de cet entre-deux.

Et il me semble qu’aimer un jour est aimer toujours

Toujours et sans la nécessité d’un lien visible

Il faut

Laisser cet inconnu être

Avec légèreté

Et vivre en lui

Sans chercher à lui donner contours.

                                                                                                                                                                                     

Fenêtre.

Rectangle bleu et serein de mon évasion

Éclatant des rires d’enfant qui semble en jaillir.

Y a-t-il autant de bruit au paradis?

                                                                                                                                                                      

Comprends-tu ma légende

L’imaginaire et la réelle?

Légende d’une création perpétuelle

Légende néantique. Engouffrée

Dans l’hypersensibilité du monde.

                                                                                                                                                                         

Prendre le temps et le secouer

Par caprice et par impatience.

                                                                                                                                                                           

Je ne sais pas.

Effrayante sensation d’un oublié.

                                                                                                                                                                               

Et je m’exclame par la moquerie dans l’emportement lyrique

Je m’exclame pour oublier que je suis le point sans intonation.

Que l’on me pardonne mes incorrections

Parce que je ne sais plus

Ce qu’il me faut raturer

Ce qu’il me faut réécrire

Recouvrir de clarté

Comme un mot nécessaire qui s’efface avec le temps

Et que l’âme doit redessiner perpétuellement.

                                                                                                                                                                                    

Il dort en moi le regret de ta voix

Dans la mélodie du silence encombré de ma vie.

Il me semble

Que certaines heures ont disparu

A jamais

                                                                                                                                                                                 

C’est au-delà de la caresse

Un simple bon dans l’émotion

Celle qui annule le rien

Entre toi et moi.

C’est au-delà de la pensée

Quoi qu’il en soit

Pour moi.

                                                                                                                                                                        

Volez donc,

Mes étreintes imaginaires,

Mes enfants du silence.

                                                                                                                                                                                

Renaître. Continuellement.

Avec le meilleur et sans le pire.

Tri en nos bagages

Et ne pas confondre

Valise et poubelle.

                                                                                                                                   

Mais nous sourirons. Tout à l’heure.

Mais nous parlerons et rirons. Dans quelques heures.

Pour se donner des heures.

                                                                                                                                                  

J’ai besoin de me retrouver nue

Quelque part

Non loin de toi

Pour me dire que je n’ai pas si froid que ça

Pour me dire que tout pourrait être si beau

                                                                                                                                               

Peu importe le passé

Pourvu que l’on se rappelle

Que des choses ont été

Et que d’autres passeront par-dessus.

                                                                                                                                                                   

( 11 décembre, 2013 )

Année 2008

Il est venu.

Il est venu chez moi

Me voir

Sans me voir

Comme une ombre

Celle que j’étais.

                                                                                                                                                                      

J’enlace le vent,

Froid

Glacial.

Et je suis froide,

Glaciale.

Ne me laisse pas.

Ne me laisse plus.

                                                                                                                                                                    

Elle se nomme Mélancolie, cette nuit

Et je me sens poussée par je ne sais quel air

Mais étrangeté qui m’attache à ce jour,

Ce jour que je n’ai pas vécu,

Ce jour qui n’est plus et qui me semble ne jamais avoir été.

                                                                                                                                                                                              

J’ai peur. Sans voix.

De ne plus jamais être

A chaque pas mis dans ce silence.

J’ai comme soudainement perdu connaissance:

Je vais

Sans savoir où.

Je dis

Sans savoir quoi.

Je demande

Sans savoir à qui.

Et je respire

Sans savoir pourquoi.

                                                                                                                                                                               

Horizon au soleil couchant.

Vague bleue royale et électrique.

Jaune d’œuf dégoulinant ses rayons de mort.

Une plage déserte.

Le sable désert.

Une jeunesse en cercle.

Un feu de camp en table lumière.

Des regards perdus dans le cosmique,

Dans les rêves,

Dans les braises.

Des regards fondus dans des baisers,

Des regards plongés dans le passé.

Et rien n’est plus car nous ne sommes plus.

Rien n’est plus et nous sommes loin.

Nous ne sommes plus et sommes Un.

Puis on regarde,

On aime,

Puis on oublie d’aimer

Cet horizon salé qui se couche et que l’on pourra toujours déchiffrer.

                                                                                                                                                                                            

Il faut recevoir et donner vie

Accueillir et donner contours,

Vivre chaque présent pour les rendre tous passés

Parce que d’un néant intérieur et continu jaillit l’événement.

                                                                                                                                                                  

Ciel gris et près de soi

Nous sommes près de nous

Tu es près de toi

Il est loin de moi mais je le vois.

                                                                                                                                                                       

Ne pas dire pour ne pas mentir.

Sentir.

Seulement sentir.

Et partir.

Sourire enfin à l’invisible, à l’indicible.

Sommet du plaisir déracinant.

Caresser le monde

Courir les corps

Marcher le regard

Voir la pensée

Dire le frisson

Et frissonner de dire.

Dit pour l’intitulé du bonheur qui se cherche.

                                                                                                                                                                                          

Un lit de pourquoi

Un nouveau ciel pour un nouveau jour de pourquoi.

J’ai perdu ma voix

Et j’entrevois:

Il baille au derrière de cette porte que j’entrebâille

Et tout est dit

Rien n’est dit

J’entends comme quelqu’un en lui qui gémit.

                                                                                                                                                                               

Que l’on m’offre une sépulture non décente

Pendant que le ciel bleu se couvre de coton

Pendant que j’aspire à haleter le sein de la vie.

                                                                                                                                                            

Parce que je suis aveugle

Je voudrais voir jaillir la lumière.

Parce que je suis en vie

Je voudrais voir jaillir l’éternité.

Parce que je me suis abandonnée

Je voudrais voir jaillir ma mort.

                                                                                                                                                                              

Je voudrais saisir ce vide que crachent nos jambes entre elles parfois.

Je voudrais demeurer et ne connaître que ce vide.

Parfois.

                                                                                                                                                                                                        

Et les larmes fuient

Sur les toits

Les toits de tes émotions.

                                                                                                                                                                                        

Je voudrais vivre cachée dans ta transparence

Comme ivre

Au travers d’une bouteille vide.

                                                                                                                                                                      

Ce que je tente de taire dans la tentative de m’oublier.

Ce que je tente de vaincre dans la tentative de te fuir.

Ce que je tente de déchirer et qui demeure dans tes papiers.

                                                                                                                                                                                      

Parce que tu.

Parce que je.

Parce que nous.

Parce que tout cela.

Parce que rien.

Je ressens les rayons du soleil comme des rayons de pluie quand tu.

Quand rien.

Je ressens les rayons de pluie comme des rayons de soleil quand tu.

Quand tout cela.

Et je me rends.

Je nous rend.

Mais je rends ce « nous » éternel

En moi

Loin de toi.

                                                                                                                                                                                    

Court circuit glacial.

Courant d’air intraveineux.

Il me semble que tu me manques.

Je sais que tu ne me fuis pas.

Je sais que tu ne m’oublies pas.

Je sais qu’elle est là.

Quelque part.

Et j’ai fui.

Je suis partie. Tu es resté.

Je suis restée. Tu es parti.

Le plus tard n’a jamais été que remis à plus tard.

Et je crois que j’aime

Lorsque tu me manques.

Lorsque mon vide te demande

Lorsque le monde même me semble vide.

Ton parfum,

Une saison que je ne sentirai plus.

Ton visage,

Une lumière que je ne recevrai plus.

                                                                                                                                                                          

Cette nuit,

Comme un éclair après une éternité…

Et le temps

A présent

Qui me semble d’une longueur assassine.

Et la pluie

Au dehors

Comme lorsque tu me pris dans tes bras

Si près du clapotement timide de l’averse…

                                                                                                                                                                  

 

 

|